# Projet Nébuleuse

Nébuleuse est un hébergeur cloud européen fictif qui propose des packs d'applications auto-hébergées : stockage de fichiers, photos, gestionnaire de mots de passe, le tout derrière une authentification unique. Chaque client dispose d'une machine virtuelle dédiée, configurée et maintenue par Ansible depuis un serveur central.

# Présentation du projet Nébuleuse

<p class="callout info">**Projet fictif.** Nébuleuse n'existe pas : le nom, le domaine (`nebuleuse.example`), les adresses IP (plages de documentation `192.0.2.0/24` et `10.99.0.0/24`) et tous les secrets sont inventés. Ils servent de support à un TP complet, inspiré d'un déploiement réel.</p>

## Nébuleuse, c'est quoi ?

Nébuleuse est un hébergeur cloud européen fictif qui propose des applications auto-hébergées commandées à la carte, sur le modèle des hébergeurs en ligne. Le client choisit ses applications sur un formulaire web, indique son nom de domaine, et reçoit une machine virtuelle dédiée, configurée et maintenue par Ansible depuis un serveur central.

<table id="bkmrk-composant-r%C3%B4le-formu"><thead><tr><th>Composant</th><th>Rôle</th></tr></thead><tbody><tr><td>Formulaire de commande</td><td>Recueille le client, son domaine et la liste des applications choisies</td></tr><tr><td>Serveur Ansible</td><td>Nœud de contrôle : héberge le dépôt, le Vault et lance les playbooks</td></tr><tr><td>Bastion Teleport</td><td>Point d'entrée unique des administrateurs vers les VM, avec authentification forte et journal des sessions</td></tr><tr><td>Réseau d'administration</td><td>Réseau privé `10.99.0.0/24`, réservé à l'exploitation</td></tr><tr><td>VM client</td><td>Nœud géré : Debian 12 livrée avec une clé SSH, reçoit le socle puis les applications commandées</td></tr></tbody></table>

**Commande web → Fichier de variables du client → Serveur Ansible → VM dédiée → Docker Compose → Traefik → Application**

Concrètement, le formulaire de commande et la création de la VM (provisioning) sont hors périmètre de cette documentation. Le formulaire produit un fichier de variables, et Ansible reçoit une machine Debian 12 vierge, accessible en SSH, dont il s'occupe de tout le reste.

## Le catalogue

Le catalogue de Nébuleuse regroupe l'ensemble des applications que l'hébergeur sait déployer. Le client en choisit autant qu'il le souhaite : chaque application est un rôle Ansible indépendant, activé par une liste dans les variables du client.

<table id="bkmrk-application-usage-do"><thead><tr><th>Application</th><th>Usage</th><th>Documentée dans ce TP</th></tr></thead><tbody><tr><td>Nextcloud</td><td>Fichiers, agenda, contacts</td><td>Oui</td></tr><tr><td>Immich</td><td>Photos et vidéos</td><td>Oui</td></tr><tr><td>Vaultwarden</td><td>Gestionnaire de mots de passe</td><td>Oui</td></tr><tr><td>Jellyfin</td><td>Médiathèque</td><td>Non</td></tr><tr><td>PaperMerge</td><td>Gestion électronique de documents</td><td>Non</td></tr><tr><td>Home Assistant</td><td>Domotique</td><td>Non</td></tr><tr><td>Matrix (Element)</td><td>Messagerie</td><td>Non</td></tr></tbody></table>

<p class="callout info">Note — Pour garder une documentation lisible, seules les applications de base sont détaillées ici. Les autres suivent exactement le même modèle de rôle : un dossier de templates, un enregistrement dans le SSO, une règle Traefik.</p>

## Le socle commun

Quelle que soit la commande, chaque VM reçoit le même socle. Il n'est pas facturé comme une application : il fait partie du service.

<table id="bkmrk-brique-r%C3%B4le-durcisse"><thead><tr><th>Brique</th><th>Rôle</th></tr></thead><tbody><tr><td>Durcissement et Docker</td><td>Système à jour, pare-feu, moteur de conteneurs</td></tr><tr><td>Traefik</td><td>Publie les applications en HTTPS</td></tr><tr><td>Authentik</td><td>Authentification unique (SSO) de toutes les applications</td></tr><tr><td>Fail2ban</td><td>Bloque les adresses qui multiplient les échecs de connexion</td></tr><tr><td>Agent Teleport</td><td>Rattache la VM au bastion pour l'administration</td></tr></tbody></table>

## Une VM par client : pourquoi ?

Deux architectures sont possibles pour héberger plusieurs clients. En multi-locataire, une seule installation sert tous les clients, ce qui est économique mais mélange les données et les pannes. En mono-locataire, chaque client a sa propre machine, ce qui coûte plus cher mais isole les données, les secrets et les incidents. Nébuleuse retient la seconde : une compromission ou une erreur de configuration chez un client ne peut pas toucher les autres, et la restauration d'un client est indépendante.

## Le bastion

Les humains et l'automatisation n'utilisent pas le même chemin. L'automatisation (Ansible) se connecte par SSH depuis le serveur Ansible, dans le réseau d'administration. Les administrateurs, eux, passent par un bastion Teleport : une porte unique, protégée par une authentification forte, qui enregistre chaque session. Aucune VM n'accepte donc de connexion SSH depuis Internet, et toute intervention manuelle laisse une trace.

L'installation de Teleport et l'enrôlement d'une ressource sont détaillés dans le livre Teleport de cette documentation (pages « [Installation](https://docs.rakouns.bzh/books/teleport/page/installation) » et « [Enroler des resources](https://docs.rakouns.bzh/books/teleport/page/enroler-des-resources) »). Cette documentation ne reprend que la partie propre à Nébuleuse : le déploiement de l'agent par Ansible.

## Objectifs et contraintes

1. **Reproductibilité** : un nouveau client est déployé à partir d'une VM vierge avec une seule commande, hors saisie des variables.
2. **Commande à la carte** : la liste des applications est une simple variable, sans modifier le code.
3. **Isolation** : chaque client a ses secrets, son domaine et son fichier de variables chiffré.
4. **Aucun secret en clair dans le dépôt** : tout passe par Ansible Vault.
5. **Administration tracée** : SSH n'écoute que sur le réseau d'administration, et les interventions humaines passent par le bastion.
6. **Idempotence** : rejouer le déploiement sur un client à jour ne modifie rien.

## Adressage et nommage

<table id="bkmrk-machine-nom-adresse-"><thead><tr><th>Machine</th><th>Nom</th><th>Adresse d'administration</th><th>Adresse publique</th></tr></thead><tbody><tr><td>Serveur Ansible</td><td>`ansible`</td><td>`10.99.0.2`</td><td>—</td></tr><tr><td>Bastion Teleport</td><td>`bastion`</td><td>`10.99.0.3`</td><td>`192.0.2.5`</td></tr><tr><td>Premier client</td><td>`client-alpha`</td><td>`10.99.0.21`</td><td>`192.0.2.21`</td></tr><tr><td>Second client</td><td>`client-beta`</td><td>`10.99.0.22`</td><td>`192.0.2.22`</td></tr></tbody></table>

Chaque client possède son domaine (`alpha.nebuleuse.example`) et des sous-domaines par service : `sso.`, `cloud.`, `photos.`, `vault.`. Les conteneurs sont nommés `<client>_<service>`, les jails Fail2ban `nebuleuse-<service>`, et les variables de rôle sont préfixées par le nom du rôle (`traefik_`, `authentik_`).

## Structure du dépôt

```text
nebuleuse/
├── ansible.cfg
├── requirements.txt
├── requirements.yml
├── site.yml
├── inventory/
│   ├── hosts.yml
│   ├── group_vars/all/
│   └── host_vars/client-alpha/
└── roles/
    ├── base-hardening/
    ├── docker-engine/
    ├── teleport-agent/
    ├── traefik/
    ├── authentik/
    ├── fail2ban/
    ├── nextcloud/
    ├── immich/
    └── vaultwarden/

```

## Comment lire cette documentation

Les pages se lisent dans l'ordre pour un premier déploiement. La page **Articulation des services** donne la vue d'ensemble : elle explique pourquoi les rôles sont appliqués dans cet ordre et comment les services se référencent entre eux. Chaque page de service suit ensuite le même plan : principe, prérequis, fichiers commentés, déploiement, vérification, pièges.

Note — Les commandes ont été testées sur Debian 12.

Page suivante : **Mise en place du serveur Ansible**.

# Mise en place du serveur Ansible

## Le serveur Ansible, c'est quoi ?

Le serveur Ansible est le nœud de contrôle : la seule machine qui détient le dépôt, la clé SSH d'administration et le mot de passe du Vault. Les VM clientes n'ont rien d'installé en plus que SSH et Python.

<table id="bkmrk-%C3%89l%C3%A9ment-r%C3%B4le-environ"><thead><tr><th>Élément</th><th>Rôle</th></tr></thead><tbody><tr><td>Environnement virtuel Python</td><td>Isole la version d'Ansible du système</td></tr><tr><td>Clé SSH `ed25519`</td><td>Authentifie le serveur Ansible auprès des VM</td></tr><tr><td>Fichier `.vault_pass`</td><td>Contient le mot de passe de déchiffrement du Vault</td></tr></tbody></table>

**Dépôt Git → ansible-playbook → SSH (réseau d'administration) → VM client**

<p class="callout info">Note — Le serveur Ansible est le chemin des machines : il se connecte aux VM de façon automatique. Les interventions humaines, elles, passent par le bastion Teleport (voir le livre [Teleport ](https://docs.rakouns.bzh/books/teleport)et la page de présentation du projet).</p>

Concrètement, la version d'Ansible fournie par `apt` sous Debian 12 est ancienne. L'installation se fait donc dans un environnement virtuel avec `pip`, ce qui permet de figer la version et de la mettre à jour sans toucher au système.

## Prérequis

1. **Une VM Debian 12** dans le réseau d'administration (`10.99.0.2`), avec 2 Go de mémoire.
2. **Un utilisateur non-root** avec `sudo` : la suite est exécutée avec cet utilisateur.
3. **Un accès SSH** aux VM clientes par la clé publique, avec l'utilisateur `deploy` (créé lors du provisioning).

## Étape 1 : mettre le système à jour et installer les outils

```bash
# Mise à jour de l'index des paquets puis des paquets installés.
sudo apt update && sudo apt full-upgrade -y

# python3-venv : création d'environnements virtuels
# python3-pip  : installateur Python
# git          : gestion du dépôt
# jq, curl     : utiles pour interroger des API (voir la page Authentik)
sudo apt install -y python3-venv python3-pip git jq curl
```

## Étape 2 : créer l'environnement virtuel et installer Ansible

```bash
# Création du dépôt de travail. Tout le projet vivra ici.
mkdir -p ~/nebuleuse && cd ~/nebuleuse
git init

# Création de l'environnement virtuel dans un dossier caché du répertoire personnel.
python3 -m venv ~/.venv/ansible

# Activation : le prompt se préfixe de (ansible), et "pip" / "ansible" pointent
# désormais vers l'environnement virtuel.
source ~/.venv/ansible/bin/activate

```

Le fichier `requirements.txt` fige la version d'Ansible utilisée par le projet.

```text
# requirements.txt
# ansible-core : le moteur d'Ansible, sans les collections de modules (installées à part).
# La plage de versions évite une montée de version majeure involontaire.
ansible-core>=2.17,<2.19

# jmespath : requis par le filtre "json_query", utile pour exploiter les réponses d'API.
jmespath

```

```bash
pip install -r requirements.txt
ansible --version   # vérification : affiche la version et le chemin de l'interpréteur Python

```

Les collections de modules sont déclarées dans un second fichier, indépendant de la version du moteur.

```yaml
# requirements.yml
collections:
  # community.docker : modules docker_compose_v2, docker_network...
  - name: community.docker
  # community.general : modules divers (ufw, etc.) utilisés par certains rôles
  - name: community.general
  # ansible.posix : modules système (sysctl, authorized_key...)
  - name: ansible.posix

```

```bash
ansible-galaxy collection install -r requirements.yml

```

## Étape 3 : créer la clé SSH d'administration

```bash
# -t ed25519 : algorithme moderne, clés courtes et rapides
# -f         : chemin du fichier de clé
# -C         : commentaire pour reconnaître la clé dans les authorized_keys
# La clé n'a volontairement pas de passphrase : elle est utilisée par des playbooks
# non interactifs. En contrepartie, le fichier doit rester en mode 600 et le serveur
# Ansible n'est accessible que depuis le réseau d'administration.
ssh-keygen -t ed25519 -f ~/.ssh/nebuleuse_ed25519 -C "ansible@nebuleuse"

```

La clé publique (`~/.ssh/nebuleuse_ed25519.pub`) est celle que le processus de provisioning dépose dans `~deploy/.ssh/authorized_keys` de chaque VM.

## Étape 4 : le mot de passe du Vault

```bash
# Génère 32 caractères aléatoires et les écrit dans .vault_pass.
openssl rand -base64 24 > .vault_pass

# Lecture/écriture pour le propriétaire uniquement.
chmod 600 .vault_pass

```

Le fichier `.gitignore` empêche que le mot de passe du Vault parte dans le dépôt.

```text
# .gitignore
# Ne jamais versionner le mot de passe du Vault ni la clé privée.
.vault_pass
*.pem
*_ed25519

```

Note — Le mot de passe du Vault doit aussi être conservé hors du serveur Ansible (gestionnaire de mots de passe, coffre physique). Sans lui, les fichiers chiffrés sont définitivement illisibles.

## Étape 5 : le fichier de configuration `ansible.cfg`

```ini
# ansible.cfg
[defaults]
# Inventaire utilisé par défaut : évite de passer -i à chaque commande.
inventory = inventory/hosts.yml

# Dossier des rôles du projet.
roles_path = roles

# Utilisateur SSH sur les VM clientes.
remote_user = deploy

# Clé privée utilisée pour la connexion.
private_key_file = ~/.ssh/nebuleuse_ed25519

# Fichier contenant le mot de passe du Vault (créé à l'étape 4).
# Doit exister : Ansible échoue au démarrage si le fichier est introuvable.
vault_password_file = .vault_pass

# Nombre de machines traitées en parallèle.
forks = 10

# Détection automatique de l'interpréteur Python sur les cibles, sans avertissement.
interpreter_python = auto_silent

[privilege_escalation]
# Les tâches s'exécutent en root via sudo : l'utilisateur "deploy" a un sudo sans mot de passe.
become = True
become_method = sudo

[ssh_connection]
# Pipelining : réduit le nombre d'opérations SSH par tâche, donc accélère les playbooks.
pipelining = True

# ControlMaster : réutilise une connexion SSH ouverte pendant 60 s.
# accept-new : accepte la clé d'hôte d'une VM inconnue à la première connexion,
# puis refuse tout changement ultérieur (protection contre l'usurpation).
ssh_args = -o ControlMaster=auto -o ControlPersist=60s -o StrictHostKeyChecking=accept-new
```

## Étape 6 : un premier inventaire

```yaml
# inventory/hosts.yml
all:
  children:
    clients:                       # groupe regroupant toutes les VM clientes
      hosts:
        client-alpha:
          # Adresse du réseau d'administration, pas l'adresse publique.
          ansible_host: 10.99.0.21
        client-beta:
          ansible_host: 10.99.0.22
```

## Vérification

```bash
# Affiche l'arbre de l'inventaire : les deux clients doivent apparaître sous "clients".
ansible-inventory --graph

# Test de connectivité SSH et de Python (ce n'est pas un ping réseau).
ansible clients -m ansible.builtin.ping
```

Résultat attendu pour chaque client :

```text
client-alpha | SUCCESS => {
    "changed": false,
    "ping": "pong"
}
```

## Pièges

1. **`vault_password_file` introuvable** : le message « The vault password file ... was not found » apparaît dès la première commande. Il suffit de créer `.vault_pass` (étape 4) avant tout.
2. **`Permission denied (publickey)`** : la clé publique n'est pas dans les `authorized_keys` de l'utilisateur `deploy`, ou la clé privée n'est pas en mode 600.
3. **Mauvais `ansible`** : si l'environnement virtuel n'est pas activé, la commande `ansible` appelle la version système. Le préfixe `(ansible)` du prompt sert de contrôle.
4. **Pas de `changed` sur un `ping`** : normal, ce module est en lecture seule.

Page suivante : **Inventaire et variables**.

# Inventaire et variables du client

## Inventaire et variables, c'est quoi ?

L'inventaire dit **sur quelles machines** Ansible agit. Les variables disent **comment** configurer chacune. Dans Nébuleuse, la commande d'un client se résume à un dossier de variables : le code (les rôles) ne change jamais d'un client à l'autre.

<table id="bkmrk-emplacement-contenu-"><thead><tr><th>Emplacement</th><th>Contenu</th><th>Chiffré</th></tr></thead><tbody><tr><td>`inventory/hosts.yml`</td><td>Liste des machines et leur adresse d'administration</td><td>Non</td></tr><tr><td>`inventory/group_vars/all/vars.yml`</td><td>Valeurs communes à tous les clients</td><td>Non</td></tr><tr><td>`inventory/host_vars/<client>/vars.yml`</td><td>Valeurs propres à un client, dont la liste des applications</td><td>Non</td></tr><tr><td>`inventory/host_vars/<client>/vault.yml`</td><td>Secrets du client</td><td>Oui (Ansible Vault)</td></tr></tbody></table>

**Commande web → `vars.yml` du client → `nebuleuse_apps` → rôles activés par `site.yml`**

Concrètement, le formulaire de commande génère deux fichiers dans `host_vars/<client>/` : `vars.yml` (le domaine et les applications choisies) et `vault.yml` (des secrets générés aléatoirement, puis chiffrés). Un nouveau client, c'est donc un dossier de plus, sans modifier de rôle.

## Prérequis

1. Le serveur Ansible est en place (page précédente), avec `.vault_pass` créé.
2. L'inventaire contient `client-alpha` dans le groupe `clients`.

## Précédence des variables

Une même variable peut être définie à plusieurs niveaux. Ansible retient la valeur du niveau le plus fort. Dans ce projet, seuls ces niveaux sont utilisés, du plus faible au plus fort :

1. Les valeurs par défaut du rôle (`roles/<rôle>/defaults/main.yml`)
2. Les variables communes (`group_vars/all`)
3. Les variables du client (`host_vars/<client>`)
4. Les variables passées en ligne de commande (`-e`)

Les valeurs par défaut portent donc les choix raisonnables, `group_vars` les choix de l'hébergeur, et `host_vars` ce qui est propre au client.

## Les variables communes

```yaml
# inventory/group_vars/all/vars.yml
# Valeurs partagées par tous les clients de Nébuleuse. Aucun secret ici.

# Domaine de l'hébergeur : sert au bastion et aux adresses techniques.
nebuleuse_domain: nebuleuse.example

# Adresse e-mail déclarée auprès de l'autorité de certification (Let's Encrypt).
# Elle reçoit les alertes d'expiration de certificat.
nebuleuse_acme_email: certificats@nebuleuse.example

# Réseau Docker partagé entre Traefik et les applications.
docker_proxy_network: proxy

# Réseau d'administration : seul à pouvoir joindre le port SSH.
admin_network_cidr: 10.99.0.0/24

# Adresse du bastion Teleport (proxy) auquel chaque agent se rattache.
teleport_proxy_addr: bastion.nebuleuse.example:443

# Catalogue : applications que Nébuleuse sait déployer.
# Une application commandée doit figurer ici, sinon le déploiement s'arrête.
nebuleuse_catalogue:
  - nextcloud
  - immich
  - vaultwarden
  - jellyfin
  - papermerge
  - homeassistant
  - matrix

```

## Les variables d'un client

```yaml
# inventory/host_vars/client-alpha/vars.yml
# Généré à partir de la commande du client. Aucun secret ici.

# Identifiant court du client : sert de préfixe aux conteneurs (alpha_nextcloud...).
client_name: alpha

# Domaine du client : chaque application aura un sous-domaine.
client_domain: alpha.nebuleuse.example

# Contact administrateur du client (compte initial du SSO, notifications).
client_admin_email: admin@alpha.nebuleuse.example

# Applications commandées. C'est la seule variable qui pilote ce qui est déployé.
nebuleuse_apps:
  - nextcloud
  - immich
  - vaultwarden

# Sous-domaines de chaque service. Le SSO est toujours présent (socle).
client_subdomains:
  sso: sso
  nextcloud: cloud
  immich: photos
  vaultwarden: vault

```

## Les secrets d'un client

Les secrets suivent une convention : chaque secret est défini dans `vault.yml` sous un nom préfixé par `vault_`, puis référencé dans `vars.yml` ou dans un rôle sous son nom normal. Ainsi, on repère d'un coup d'œil les variables sensibles, et on voit où une valeur est utilisée sans déchiffrer quoi que ce soit.

```yaml
# inventory/host_vars/client-alpha/vault.yml (AVANT chiffrement)
# Toutes les valeurs ci-dessous sont fictives.

vault_authentik_secret_key: "FICTIF-ab12cd34ef56ab12cd34ef56ab12cd34ef56"
vault_authentik_db_password: "FICTIF-db-motdepasse-1"
vault_nextcloud_db_password: "FICTIF-db-motdepasse-2"
vault_nextcloud_admin_password: "FICTIF-admin-motdepasse-3"
vault_immich_db_password: "FICTIF-db-motdepasse-4"
vault_vaultwarden_admin_token: "FICTIF-token-admin-5"

```

```bash
# Chiffrement du fichier avec le mot de passe de .vault_pass (voir ansible.cfg).
ansible-vault encrypt inventory/host_vars/client-alpha/vault.yml

# Pour modifier plus tard : ouvre le fichier déchiffré dans l'éditeur, puis le rechiffre à la sauvegarde.
ansible-vault edit inventory/host_vars/client-alpha/vault.yml

```

Après chiffrement, le fichier commence par `$ANSIBLE_VAULT;1.1;AES256` suivi d'un bloc illisible. Il peut être versionné sans risque tant que le mot de passe du Vault reste secret.

Dans un rôle, le secret est consommé sous son nom propre :

```yaml
# roles/authentik/defaults/main.yml
# Le rôle ne connaît que "authentik_secret_key" : il ignore d'où vient la valeur.
authentik_secret_key: "{{ vault_authentik_secret_key }}"
authentik_db_password: "{{ vault_authentik_db_password }}"

```

## Vérifier la commande avant de déployer

Un garde-fou en début de playbook arrête le déploiement si le client commande une application inconnue ou oublie un secret. Mieux vaut échouer tout de suite que découvrir l'erreur au milieu d'un déploiement.

```yaml
# site.yml (extrait : tâches de contrôle)
  pre_tasks:
    - name: Vérifier que toutes les applications commandées existent au catalogue
      ansible.builtin.assert:
        that:
          # "difference" retourne les éléments de la commande absents du catalogue.
          - nebuleuse_apps | difference(nebuleuse_catalogue) | length == 0
        fail_msg: >-
          Application(s) inconnue(s) : {{ nebuleuse_apps | difference(nebuleuse_catalogue) }}
        quiet: true

    - name: Vérifier que le client a bien un domaine
      ansible.builtin.assert:
        that:
          - client_domain is defined
          - client_domain | length > 0
        fail_msg: "La variable client_domain doit être définie pour {{ inventory_hostname }}."
        quiet: true

```

## Vérification

```bash
# Affiche toutes les variables fusionnées d'un client (le Vault est déchiffré).
# Attention : la sortie contient les secrets en clair, ne pas la partager.
ansible-inventory --host client-alpha --yaml

# Contrôle la syntaxe du playbook sans rien exécuter.
ansible-playbook site.yml --syntax-check

```

Pour s'assurer qu'aucun fichier de secrets n'est resté en clair avant un commit :

```bash
# Liste les vault.yml qui NE commencent PAS par l'en-tête de chiffrement.
# Aucune ligne ne doit s'afficher.
grep -L '^\$ANSIBLE_VAULT' inventory/host_vars/*/vault.yml

```

## Pièges

1. **Variable `vault_...` non définie** : un secret référencé dans un rôle mais absent de `vault.yml` provoque « is undefined » au milieu du déploiement. Les tâches de contrôle ci-dessus évitent ce cas pour les variables essentielles.
2. **Un fichier `host_vars/client-alpha.yml` et un dossier `host_vars/client-alpha/`** : les deux sont lus, ce qui rend l'origine d'une valeur difficile à retrouver. Il faut choisir un seul format, ici le dossier.
3. **Secret affiché dans un journal** : une tâche qui manipule un secret doit porter `no_log: true`, sinon la valeur apparaît dans la sortie d'Ansible.
4. **Fichier versionné avant chiffrement** : si `vault.yml` est commité en clair, le secret reste dans l'historique Git même après chiffrement. Il faut alors le renouveler, pas seulement chiffrer le fichier.
5. **Mot de passe du Vault perdu** : les fichiers sont illisibles et les secrets doivent être régénérés. D'où la sauvegarde hors serveur recommandée à la page précédente.

Page suivante : **Articulation des services**.

# Articulation des services

## Pourquoi cette page ?

Les services d'une VM Nébuleuse ne sont pas indépendants. Une application attend que le SSO existe, le SSO attend que le reverse proxy le publie, et le pare-feu applicatif lit les journaux des deux. Cette page donne la vue d'ensemble : qui dépend de qui, ce que chaque service doit savoir des autres, et dans quel ordre Ansible doit les installer. Les pages suivantes détaillent chaque service ; celle-ci explique pourquoi ils s'emboîtent.

<table id="bkmrk-service-r%C3%B4le-dans-l%27"><thead><tr><th>Service</th><th>Rôle dans l'ensemble</th></tr></thead><tbody><tr><td>Traefik</td><td>Reçoit tout le trafic web et le dirige selon le nom de domaine</td></tr><tr><td>Authentik</td><td>Identifie les utilisateurs pour toutes les applications</td></tr><tr><td>Applications</td><td>S'appuient sur Traefik pour être publiées, sur Authentik pour connecter les utilisateurs</td></tr><tr><td>Fail2ban</td><td>Lit les journaux et bloque les adresses fautives</td></tr><tr><td>Agent Teleport</td><td>Rattache la VM au bastion, indépendamment du reste</td></tr></tbody></table>

**Utilisateur → Traefik → Application → redirection vers Authentik → retour à l'application connecté**

## Vue d'ensemble

[![image.png](https://docs.rakouns.bzh/uploads/images/gallery/2026-10/scaled-1680-/image.png)](https://docs.rakouns.bzh/uploads/images/gallery/2026-10/image.png)

## Les relations, service par service

Chaque ligne ci-dessous est une information qu'un service doit connaître d'un autre. Si l'une d'elles est fausse, la fonctionnalité correspondante ne marche pas, et le symptôme est rarement évident. C'est pourquoi ces valeurs sont des variables partagées, définies une seule fois.

<table id="bkmrk-service-a-besoin-de-"><thead><tr><th>Service</th><th>A besoin de</th><th>Information échangée</th></tr></thead><tbody><tr><td>Traefik</td><td>Le réseau Docker `proxy`</td><td>Nom du réseau, pour trouver les conteneurs</td></tr><tr><td>Traefik</td><td>Un e-mail ACME</td><td>Pour obtenir les certificats HTTPS</td></tr><tr><td>Chaque application</td><td>Le réseau `proxy`</td><td>Pour être joignable par Traefik</td></tr><tr><td>Chaque application</td><td>Des labels Traefik</td><td>Nom de domaine (`Host(...)`) et port interne</td></tr><tr><td>Chaque application</td><td>Authentik</td><td>Adresse de l'émetteur (issuer), identifiant client, secret client</td></tr><tr><td>Authentik</td><td>Chaque application</td><td>Adresse de retour (redirect URI) exacte</td></tr><tr><td>Fail2ban</td><td>Le journal d'accès de Traefik</td><td>Chemin du fichier, format des lignes</td></tr><tr><td>Fail2ban</td><td>La chaîne `DOCKER-USER`</td><td>Le point d'insertion des blocages</td></tr><tr><td>Agent Teleport</td><td>Le bastion</td><td>Adresse du proxy et jeton d'enrôlement</td></tr></tbody></table>

Deux relations demandent une attention particulière :

1. **L'adresse de retour (redirect URI)** doit être identique, caractère pour caractère, dans Authentik et dans l'application. Un `/` final en trop suffit à provoquer une erreur de connexion.
2. **Les adresses réelles des visiteurs** : les applications ne voient que l'adresse de Traefik, sauf si elles sont configurées pour lire l'en-tête `X-Forwarded-For` envoyé par un proxy de confiance. Sans cela, les journaux ne contiennent que l'adresse interne, et Fail2ban bloquerait la mauvaise adresse, ou aucune.

## Ordre de déploiement

L'ordre des rôles dans `site.yml` n'est pas arbitraire. Chaque étape suppose que la précédente est terminée.

1. **Socle et Docker** : le système est à jour, Docker est installé, le réseau `proxy` existe et la chaîne `DOCKER-USER` est disponible.
2. **Agent Teleport** : l'accès administrateur est établi avant les services applicatifs. Si un déploiement ultérieur échoue, la machine reste accessible par le bastion.
3. **Traefik** : il écoute sur les ports 80 et 443 et obtient les certificats. Il doit exister avant les applications, qui déclarent leurs routes par labels.
4. **Authentik** : une fois démarré derrière Traefik, son API est joignable. Les applications en ont besoin pour créer leurs connexions SSO.
5. **Applications commandées** : chacune crée sa connexion dans Authentik (API), récupère l'identifiant et le secret, puis génère son fichier Compose.
6. **Fail2ban** : il vient en dernier, car ses règles pointent vers des journaux qui n'existent qu'une fois Traefik et les applications démarrés.

```yaml
# site.yml (extrait : ordre d'application des rôles)
  roles:
    # 1. Socle : système, pare-feu, Docker et réseau "proxy".
    - { role: base-hardening, tags: [base] }
    - { role: docker-engine,  tags: [docker] }

    # 2. Accès administrateur par le bastion.
    - { role: teleport-agent, tags: [teleport] }

    # 3. Publication web et certificats.
    - { role: traefik,        tags: [traefik] }

    # 4. SSO : toujours présent, il fait partie du socle.
    - { role: authentik,      tags: [sso] }

    # 5. Applications : déployées uniquement si elles figurent dans la commande.
    - { role: nextcloud,      tags: [nextcloud],   when: "'nextcloud'   in nebuleuse_apps" }
    - { role: immich,         tags: [immich],      when: "'immich'      in nebuleuse_apps" }
    - { role: vaultwarden,    tags: [vaultwarden], when: "'vaultwarden' in nebuleuse_apps" }

    # 6. Protection : en dernier, elle lit les journaux des rôles précédents.
    - { role: fail2ban,       tags: [fail2ban] }

```

Note — La condition `when` d'un rôle s'applique à chacune de ses tâches : si l'application n'est pas commandée, aucune tâche du rôle ne s'exécute.

## Comment une valeur voyage d'un service à l'autre

Un identifiant client créé par Authentik doit se retrouver dans le fichier Compose de l'application. Il ne vient pas d'une variable écrite à l'avance : il est créé pendant le déploiement. Ansible le récupère donc dans la réponse de l'API, le mémorise, puis le fournit au modèle de fichier.

**Appel API Authentik → réponse (identifiant, secret) → variable de la tâche suivante → modèle `docker-compose.yml.j2` → fichier sur la VM**

C'est ce qui oblige à placer Authentik avant les applications, et à rendre ces appels rejouables : si la connexion existe déjà, la tâche récupère ses valeurs au lieu de la recréer. Le détail est donné dans la page Authentik.

## Attendre qu'un service soit prêt

Démarrer un conteneur ne signifie pas que le service répond. Authentik met plusieurs dizaines de secondes à devenir joignable, et une tâche qui l'appelle trop tôt échoue sans raison valable. Le rôle attend donc que l'adresse de santé réponde, en réessayant à intervalles réguliers.

```yaml
# roles/authentik/tasks/main.yml (extrait)
- name: Attendre que l'API d'Authentik réponde
  # curl -f : retourne une erreur si le serveur répond autre chose qu'un succès.
  # -s -S   : silencieux, mais affiche les erreurs.
  ansible.builtin.command: >-
    curl -fsS https://sso.{{ client_domain }}/-/health/live/
  register: authentik_health
  # Réessaie jusqu'à ce que la commande réussisse : 30 essais, 10 secondes d'écart.
  until: authentik_health.rc == 0
  retries: 30
  delay: 10
  # Ne modifie rien : l'indicateur "changed" n'a pas de sens ici.
  changed_when: false

```

## Vérification

```bash
# Depuis le serveur Ansible : liste l'ordre exact des tâches pour un client,
# sans rien exécuter, pour contrôler que les rôles sont enchaînés comme prévu.
ansible-playbook site.yml --limit client-alpha --list-tasks

# Sur la VM : tous les conteneurs doivent être "Up" et sur le réseau "proxy".
docker ps --format '{{.Names}}\t{{.Status}}'
docker network inspect proxy --format '{{range .Containers}}{{.Name}} {{end}}'

```

## Pièges

1. **Dépendance circulaire apparente** : Authentik est publié par Traefik, et les applications ont besoin d'Authentik. Il n'y a pas de cycle tant que l'ordre Traefik, puis Authentik, puis applications est respecté.
2. **Rejouer une partie seulement** : relancer uniquement le tag d'une application ne recrée pas les éléments de l'étape précédente. Si une valeur de Traefik ou d'Authentik change, il faut relancer aussi les rôles qui en dépendent.
3. **Fail2ban lancé trop tôt** : une jail dont le fichier journal n'existe pas ne démarre pas. D'où sa position en dernier.
4. **Résolution du nom du SSO depuis un conteneur** : une application doit contacter `sso.<domaine>` depuis l'intérieur de la VM. Selon la manière dont l'hébergeur attache l'adresse publique, ce chemin peut ne pas aboutir. Le cas est traité dans la page Traefik.

Page suivante : **Socle système et Docker Engine**.

# Socle système et Docker Engine

## Le socle, c'est quoi ?

Le socle est ce que reçoit toute VM Nébuleuse avant la moindre application : un système à jour, un accès SSH restreint, un pare-feu, puis Docker avec son réseau partagé. Il est porté par deux rôles, `base-hardening` et `docker-engine`, appliqués dans cet ordre.

<table id="bkmrk-r%C3%B4le-r%C3%B4le-dans-le-so" style="width: 100.595%;"><thead><tr><th style="width: 22.0026%;">Rôle</th><th style="width: 77.9656%;">Rôle dans le socle</th></tr></thead><tbody><tr><td style="width: 22.0026%;">`base-hardening`</td><td style="width: 77.9656%;">Mises à jour, SSH restreint au réseau d'administration, pare-feu `ufw`</td></tr><tr><td style="width: 22.0026%;">`docker-engine`</td><td style="width: 77.9656%;">Docker depuis le dépôt officiel, journaux limités, réseau `proxy`</td></tr></tbody></table>

**VM Debian 12 vierge → `base-hardening` → `docker-engine` → machine prête à recevoir Traefik**

Concrètement, la VM livrée par le provisioning possède déjà un utilisateur `deploy` autorisé par clé SSH et membre de `sudo` sans mot de passe. Le socle ne crée pas cet utilisateur : il en dépend, et il le verrouille comme seul compte autorisé à se connecter.

## Prérequis

1. Les pages précédentes sont en place : inventaire, variables communes (`admin_network_cidr`) et `ansible ... -m ping` fonctionnel.
2. L'utilisateur `deploy` se connecte par clé et dispose de `sudo` sans mot de passe.
3. L'adresse `ansible_host` de chaque client est son adresse du réseau d'administration, car c'est celle sur laquelle SSH écoutera.

## Arborescence des deux rôles

```text
roles/
├── base-hardening/
│   ├── defaults/main.yml
│   ├── handlers/main.yml
│   ├── tasks/main.yml
│   └── templates/sshd-nebuleuse.conf.j2
└── docker-engine/
    ├── defaults/main.yml
    ├── handlers/main.yml
    ├── tasks/main.yml
    └── templates/daemon.json.j2

```

## Le rôle `base-hardening`

### Variables

```yaml
# roles/base-hardening/defaults/main.yml

# Seul utilisateur autorisé à ouvrir une session SSH.
base_ssh_user: deploy

# Adresse sur laquelle SSH écoute : celle du réseau d'administration.
# "ansible_host" vaut cette adresse dans l'inventaire (voir page Inventaire).
base_ssh_listen_address: "{{ ansible_host }}"

# Réseau autorisé à joindre SSH (défini une fois pour tous dans group_vars/all).
base_admin_network_cidr: "{{ admin_network_cidr }}"

# Ports ouverts à tout Internet : uniquement le web.
base_public_tcp_ports:
  - 80
  - 443

```

### Configuration SSH

```text
# roles/base-hardening/templates/sshd-nebuleuse.conf.j2
# Fichier géré par Ansible : toute modification manuelle sera écrasée.

# Pas de connexion directe en root.
PermitRootLogin no

# Authentification par clé uniquement : aucun mot de passe n'est accepté.
PasswordAuthentication no
KbdInteractiveAuthentication no
PubkeyAuthentication yes

# Un seul compte peut se connecter.
AllowUsers {{ base_ssh_user }}

# SSH n'écoute que sur l'adresse d'administration, jamais sur l'adresse publique.
ListenAddress {{ base_ssh_listen_address }}

```

<p class="callout info">Note — Sous Debian 12, le fichier principal `/etc/ssh/sshd_config` commence par une directive `Include /etc/ssh/sshd_config.d/*.conf`. Pour chaque paramètre, SSH retient la première valeur lue : le fichier déposé dans ce dossier l'emporte donc sur le fichier principal, sans avoir à le modifier.</p>

### Tâches

```yaml
# roles/base-hardening/tasks/main.yml

- name: Mettre à jour l'index des paquets et les paquets installés
  ansible.builtin.apt:
    update_cache: true
    # "dist" équivaut à "apt dist-upgrade" : gère aussi les changements de dépendances.
    upgrade: dist
    # Ne relit l'index qu'au bout d'une heure : évite un téléchargement inutile à chaque passage.
    cache_valid_time: 3600

- name: Installer les paquets du socle
  ansible.builtin.apt:
    name:
      - ufw                     # pare-feu de l'hôte
      - unattended-upgrades     # installation automatique des mises à jour de sécurité
      - ca-certificates         # certificats racine pour les téléchargements HTTPS
      - curl                    # utilisé par d'autres rôles
    state: present

- name: Activer les mises à jour de sécurité automatiques
  ansible.builtin.copy:
    dest: /etc/apt/apt.conf.d/20auto-upgrades
    content: |
      APT::Periodic::Update-Package-Lists "1";
      APT::Periodic::Unattended-Upgrade "1";
    owner: root
    group: root
    mode: "0644"

- name: Déposer la configuration SSH durcie
  ansible.builtin.template:
    src: sshd-nebuleuse.conf.j2
    dest: /etc/ssh/sshd_config.d/10-nebuleuse.conf
    owner: root
    group: root
    mode: "0644"
    # Vérifie la syntaxe avant d'écraser le fichier : une erreur ici couperait l'accès.
    validate: /usr/sbin/sshd -t -f %s
  notify: Redémarrer ssh

# Le pare-feu : l'ordre compte. La règle SSH est créée AVANT l'activation
# du pare-feu, sinon la connexion en cours serait coupée.
- name: Refuser par défaut tout trafic entrant
  community.general.ufw:
    default: deny
    direction: incoming

- name: Autoriser SSH depuis le réseau d'administration uniquement
  community.general.ufw:
    rule: allow
    port: "22"
    proto: tcp
    src: "{{ base_admin_network_cidr }}"

- name: Autoriser le web (HTTP et HTTPS) depuis Internet
  community.general.ufw:
    rule: allow
    port: "{{ item }}"
    proto: tcp
  loop: "{{ base_public_tcp_ports }}"

- name: Activer ufw
  community.general.ufw:
    state: enabled

```

```yaml
# roles/base-hardening/handlers/main.yml
# Un handler ne s'exécute qu'à la fin des tâches, et seulement si une tâche l'a notifié.
- name: Redémarrer ssh
  ansible.builtin.service:
    name: ssh        # le service s'appelle "ssh" sous Debian, pas "sshd"
    state: restarted

```

## Le rôle `docker-engine`

### Variables

```yaml
# roles/docker-engine/defaults/main.yml

# Nom du réseau partagé entre Traefik et les applications (voir group_vars/all).
docker_engine_proxy_network: "{{ docker_proxy_network }}"

# Taille maximale d'un fichier de journal de conteneur, et nombre de fichiers conservés.
# Sans limite, les journaux d'un conteneur bavard finissent par remplir le disque.
docker_engine_log_max_size: "10m"
docker_engine_log_max_files: "3"

```

### Configuration du démon

```text
# roles/docker-engine/templates/daemon.json.j2
{
  "log-driver": "json-file",
  "log-opts": {
    "max-size": "{{ docker_engine_log_max_size }}",
    "max-file": "{{ docker_engine_log_max_files }}"
  },
  "live-restore": true
}

```

Le paramètre `live-restore` garde les conteneurs en marche pendant un redémarrage ou une mise à jour du démon Docker : une mise à jour du moteur ne coupe donc pas les services des clients.

### Tâches

```yaml
# roles/docker-engine/tasks/main.yml

- name: Créer le dossier des clés de dépôt
  ansible.builtin.file:
    path: /etc/apt/keyrings
    state: directory
    mode: "0755"

- name: Récupérer la clé de signature du dépôt Docker
  ansible.builtin.get_url:
    url: https://download.docker.com/linux/debian/gpg
    dest: /etc/apt/keyrings/docker.asc
    mode: "0644"

- name: Déclarer le dépôt officiel Docker
  ansible.builtin.apt_repository:
    # "signed-by" lie ce dépôt à sa clé : les paquets sont vérifiés avec elle.
    # ansible_distribution_release vaut "bookworm" sur Debian 12.
    repo: >-
      deb [arch=amd64 signed-by=/etc/apt/keyrings/docker.asc]
      https://download.docker.com/linux/debian {{ ansible_distribution_release }} stable
    filename: docker
    state: present

- name: Installer Docker Engine et le plugin Compose
  ansible.builtin.apt:
    name:
      - docker-ce
      - docker-ce-cli
      - containerd.io
      - docker-buildx-plugin
      - docker-compose-plugin    # fournit la commande "docker compose"
      - python3-docker           # bibliothèque Python requise par les modules community.docker
    state: present
    update_cache: true

- name: Déposer la configuration du démon Docker
  ansible.builtin.template:
    src: daemon.json.j2
    dest: /etc/docker/daemon.json
    owner: root
    group: root
    mode: "0644"
  notify: Redémarrer docker

- name: Activer et démarrer Docker
  ansible.builtin.service:
    name: docker
    state: started
    enabled: true

# Les handlers sont lancés ici plutôt qu'en fin de rôle : le réseau ci-dessous
# doit être créé sur un démon déjà configuré.
- name: Appliquer les changements de configuration du démon
  ansible.builtin.meta: flush_handlers

- name: Créer le réseau partagé entre Traefik et les applications
  community.docker.docker_network:
    name: "{{ docker_engine_proxy_network }}"
    driver: bridge

```

```yaml
# roles/docker-engine/handlers/main.yml
- name: Redémarrer docker
  ansible.builtin.service:
    name: docker
    state: restarted

```

Note — L'utilisateur `deploy` n'est volontairement pas ajouté au groupe `docker`. Appartenir à ce groupe revient à avoir les droits root sur la machine. Ansible utilise déjà `sudo`, ce qui laisse une trace de chaque commande.

## Docker et le pare-feu : ce qu'il faut savoir

Docker gère lui-même ses règles de pare-feu. Quand un conteneur publie un port (comme Traefik sur 80 et 443), Docker l'ouvre directement, sans passer par `ufw`. Ainsi, une règle `ufw` ne bloque pas un port publié par un conteneur.

Ce comportement est connu, et il explique deux choix du projet : 1. Seul Traefik publie des ports vers l'extérieur. Les autres conteneurs restent sur le réseau `proxy`, sans port publié. 2. Les blocages dynamiques (Fail2ban) ne passent pas par `ufw` mais par la chaîne `DOCKER-USER`. Docker crée cette chaîne et ne la modifie jamais ; les règles qu'on y place sont donc appliquées avant celles de Docker.

## Le playbook du socle

Pour tester dès maintenant, un `site.yml` minimal suffit. Il sera complété à la page de déploiement.

```yaml
# site.yml
- name: Socle Nébuleuse
  hosts: clients
  become: true          # les tâches s'exécutent en root via sudo
  roles:
    - { role: base-hardening, tags: [base] }
    - { role: docker-engine,  tags: [docker] }

```

```bash
# Simulation : montre ce qui changerait, sans rien modifier.
ansible-playbook site.yml --limit client-alpha --check --diff

# Déploiement réel.
ansible-playbook site.yml --limit client-alpha

```

## Vérification

```bash
# Depuis le serveur Ansible : un second passage ne doit rien modifier.
# La ligne finale doit afficher "changed=0".
ansible-playbook site.yml --limit client-alpha

# Sur la VM : valeurs SSH effectives.
sudo sshd -T | grep -E 'listenaddress|passwordauthentication|permitrootlogin|allowusers'

# Sur la VM : règles du pare-feu.
sudo ufw status verbose

# Sur la VM : version de Docker, pilote de journaux et live-restore.
docker version --format '{{.Server.Version}}'
docker info --format 'journaux={{.LoggingDriver}} live-restore={{.LiveRestoreEnabled}}'

# Sur la VM : le réseau partagé existe et la chaîne DOCKER-USER est disponible.
docker network ls --filter name=proxy
sudo iptables -L DOCKER-USER -n

```

Résultat attendu pour `sshd -T` : `listenaddress 10.99.0.21:22`, `passwordauthentication no`, `permitrootlogin no`, `allowusers deploy`.

## Pièges

1. **Se couper l'accès en modifiant SSH** : une erreur de `ListenAddress` ou une règle de pare-feu oubliée coupe la connexion. La validation `sshd -t` et l'ordre « règle avant activation » limitent le risque. Avant de fermer une session de test, ouvrir une seconde connexion pour vérifier que l'accès fonctionne encore.
2. **`ansible_host` qui n'est pas l'adresse d'administration** : SSH n'écouterait pas là où Ansible se connecte. L'inventaire de la première page respecte la règle ; une machine ajoutée avec son adresse publique fausserait le rôle.
3. **`apt` bloqué par un autre processus** : juste après le démarrage d'une VM neuve, `unattended-upgrades` peut tenir le verrou `apt`. Ansible patiente un moment, puis échoue avec « Could not get lock ». Relancer le playbook suffit.
4. **Pare-feu `ufw` qui « ne bloque rien » pour un conteneur** : voir la section précédente. Ce n'est pas un défaut de configuration.
5. **`docker_network` en erreur sur la bibliothèque Python** : le paquet `python3-docker` doit être installé avant toute tâche `community.docker`. Il fait partie de la liste des paquets du rôle.
6. **Journaux de conteneurs qui remplissent le disque** : sans `max-size`, aucune rotation n'est faite. La configuration `daemon.json` ne s'applique qu'aux conteneurs créés après elle ; les conteneurs existants doivent être recréés.

Page suivante : **Bastion Teleport : agent et enrôlement**.

# Bastion Teleport : agent et enrôlement

## Le bastion, c'est quoi ?

Un bastion est une porte d'entrée unique pour l'administration des machines. Au lieu d'ouvrir SSH sur chaque VM, les administrateurs se connectent au bastion, qui les authentifie, vérifie leurs droits, puis les met en relation avec la machine demandée en enregistrant la session. Nébuleuse utilise Teleport pour cela.

<table id="bkmrk-composant-r%C3%B4le-proxy"><thead><tr><th>Composant</th><th>Rôle</th></tr></thead><tbody><tr><td>Proxy Teleport (sur le bastion)</td><td>Reçoit les connexions des administrateurs et des agents, sert le portail web</td></tr><tr><td>Auth Teleport (sur le bastion)</td><td>Authentifie, émet les certificats, applique les droits, conserve les enregistrements</td></tr><tr><td>Agent Teleport (sur chaque VM)</td><td>Rattache la VM au bastion et ouvre les sessions demandées</td></tr></tbody></table>

**Administrateur → Bastion (authentification forte) → Tunnel déjà ouvert par l'agent → VM client**

Concrètement, c'est l'agent qui établit la connexion vers le bastion, pas l'inverse. La VM n'a donc aucun port d'administration à exposer : le tunnel est sortant, sur le port 443.

<p class="callout info">Note — L'installation du bastion lui-même (serveur Teleport, nom de domaine, création d'utilisateurs) est détaillée dans le livre Teleport de cette documentation, pages « Installation » et « Enroler des resources ». Cette page ne traite que ce qui est propre à Nébuleuse : déployer l'agent par Ansible, sans passer par l'interface web.</p>

## Pourquoi un déploiement par Ansible ?

L'interface web de Teleport génère une commande à copier sur la machine, avec un jeton temporaire. C'est pratique pour une machine, mais cela ne passe pas à l'échelle : chaque nouveau client demanderait une intervention manuelle. Le rôle `teleport-agent` fait la même chose automatiquement : il demande un jeton au bastion, installe l'agent, écrit sa configuration et le démarre.

## Prérequis

1. Un bastion Teleport en service, joignable à `bastion.nebuleuse.example:443` depuis les VM clientes.
2. Le bastion est présent dans l'inventaire (voir ci-dessous), car Ansible doit y exécuter une commande.
3. La version de l'agent est inférieure ou égale à celle du bastion : un agent plus récent que le serveur n'est pas pris en charge.
4. Le socle système est appliqué sur la VM (page précédente).

## Ajouter le bastion à l'inventaire

Le bastion n'est pas un client : il forme son propre groupe, ce qui permet à Ansible de lui déléguer la création des jetons.

```yaml
# inventory/hosts.yml (version complétée)
all:
  children:
    bastion:                       # groupe du bastion : une seule machine
      hosts:
        bastion:
          ansible_host: 10.99.0.3
    clients:                       # groupe des VM clientes
      hosts:
        client-alpha:
          ansible_host: 10.99.0.21
        client-beta:
          ansible_host: 10.99.0.22

```

## Arborescence du rôle

```text
roles/teleport-agent/
├── defaults/main.yml
├── handlers/main.yml
├── tasks/main.yml
└── templates/teleport.yaml.j2

```

## Variables

```yaml
# roles/teleport-agent/defaults/main.yml

# Version et édition de Teleport (édition communautaire, gratuite).
# Doit être inférieure ou égale à la version du bastion.
teleport_agent_version: "17.4.3"
teleport_agent_edition: "oss"

# Adresse du proxy du bastion (définie une fois pour tous dans group_vars/all).
teleport_agent_proxy: "{{ teleport_proxy_addr }}"

# Durée de validité du jeton d'enrôlement. Il ne sert qu'à la première connexion :
# une durée courte limite l'exposition si le jeton fuit.
teleport_agent_token_ttl: "30m"

# Étiquettes (labels) attachées à la machine dans Teleport.
# Les droits d'accès des administrateurs s'appuient dessus (voir plus bas).
teleport_agent_labels:
  client: "{{ client_name }}"
  env: production

```

## Configuration de l'agent

```text
# roles/teleport-agent/templates/teleport.yaml.j2
# Fichier géré par Ansible : toute modification manuelle sera écrasée.
version: v3

teleport:
  # Nom affiché dans Teleport : le nom d'hôte de l'inventaire (unique par client).
  nodename: {{ inventory_hostname }}
  data_dir: /var/lib/teleport
  # Adresse du bastion : l'agent s'y connecte en sortant.
  proxy_server: {{ teleport_agent_proxy }}
{% if teleport_join_token.stdout | default('') | trim | length > 0 %}
  # Présent uniquement lors du premier enrôlement. Une fois la machine enrôlée,
  # elle conserve son identité dans data_dir et n'a plus besoin du jeton.
  join_params:
    method: token
    token_name: {{ teleport_join_token.stdout | trim }}
{% endif %}
  log:
    output: stderr
    severity: INFO

# Cette machine n'est ni un serveur d'authentification ni un proxy.
auth_service:
  enabled: "no"
proxy_service:
  enabled: "no"

# Le service SSH de Teleport : celui qui ouvre les sessions pour les administrateurs.
ssh_service:
  enabled: "yes"
  labels:
{% for nom, valeur in teleport_agent_labels.items() %}
    {{ nom }}: {{ valeur }}
{% endfor %}

```

## Tâches

```yaml
# roles/teleport-agent/tasks/main.yml

# 1. Installer Teleport seulement s'il est absent.
- name: Chercher un Teleport déjà installé
  ansible.builtin.command: which teleport
  register: teleport_agent_installed
  changed_when: false
  failed_when: false          # un code de retour non nul signifie simplement "absent"

- name: Installer Teleport (script officiel, version figée)
  # Même méthode que la page « Installation » du livre Teleport.
  # "set -o pipefail" : un échec de curl fait échouer toute la commande.
  ansible.builtin.shell: |
    set -o pipefail
    curl -fsSL https://cdn.teleport.dev/install-v{{ teleport_agent_version }}.sh \
      | bash -s {{ teleport_agent_version }} {{ teleport_agent_edition }}
  args:
    executable: /bin/bash
  when: teleport_agent_installed.rc != 0

# 2. Savoir si la machine est déjà enrôlée.
# Le fichier host_uuid est créé au premier démarrage réussi de l'agent.
- name: Chercher une identité Teleport existante
  ansible.builtin.stat:
    path: /var/lib/teleport/host_uuid
  register: teleport_agent_identity

# 3. Demander un jeton au bastion, seulement pour une première installation.
- name: Générer un jeton d'enrôlement sur le bastion
  ansible.builtin.command: >-
    tctl tokens add --type=node --ttl={{ teleport_agent_token_ttl }} --format=text
  delegate_to: bastion          # la commande s'exécute sur le bastion, pas sur la VM
  register: teleport_join_token
  changed_when: true            # un nouveau jeton est créé à chaque exécution
  no_log: true                  # le jeton est un secret : il ne doit pas apparaître dans les journaux
  when: not teleport_agent_identity.stat.exists

# 4. Écrire la configuration (accès restreint : elle contient le jeton au premier passage).
- name: Déposer la configuration de l'agent
  ansible.builtin.template:
    src: teleport.yaml.j2
    dest: /etc/teleport.yaml
    owner: root
    group: root
    mode: "0600"
  notify: Redémarrer teleport
  no_log: true

# 5. Démarrer l'agent.
- name: Activer et démarrer l'agent Teleport
  ansible.builtin.service:
    name: teleport
    state: started
    enabled: true

```

```yaml
# roles/teleport-agent/handlers/main.yml
- name: Redémarrer teleport
  ansible.builtin.service:
    name: teleport
    state: restarted

```

## Les droits des administrateurs

L'agent rattache la machine, mais ne dit pas qui a le droit de s'y connecter. Cela se définit dans des rôles Teleport, qui s'appuient sur les étiquettes de la machine. Dans Nébuleuse, une personne du support ne voit que les machines des clients qu'elle suit.

```yaml
# support-alpha.yaml : rôle Teleport (à créer une fois sur le bastion)
kind: role
version: v7
metadata:
  name: support-alpha
spec:
  allow:
    # Comptes Unix sur la VM avec lesquels la session peut s'ouvrir.
    logins: [deploy]
    # Seules les machines portant l'étiquette client=alpha sont visibles.
    node_labels:
      client: alpha

```

```bash
# Sur le bastion : crée ou met à jour le rôle.
sudo tctl create -f support-alpha.yaml

# Crée un utilisateur avec ce rôle (même commande que dans le livre Teleport).
sudo tctl users add camille --roles=support-alpha

```

<p class="callout info">Note — Dans cet exemple, la session s'ouvre avec le compte `deploy`, qui a `sudo` sans mot de passe : donner ce login revient à donner les droits administrateur sur la VM. Pour un vrai support, un compte dédié avec des droits limités est préférable. Il s'ajouterait au socle système.</p>

## L'authentification forte

La page de présentation parle d'authentification forte sur le bastion. Elle se configure côté serveur Teleport, dans la section `auth_service`. Voici le principe :

```yaml
# /etc/teleport.yaml sur le bastion (extrait)
auth_service:
  authentication:
    type: local
    # La deuxième authentification est exigée pour chaque utilisateur.
    # "webauthn" accepte les clés de sécurité matérielles et les passkeys.
    second_factor: webauthn
    webauthn:
      rp_id: bastion.nebuleuse.example

```

<p class="callout info">Note — Ce paramètre appartient à l'installation du bastion, pas à l'agent. Il est à valider sur ta version de Teleport avant de le recopier dans la page d'installation.</p>

## Déploiement

Le rôle s'insère dans `site.yml` juste après le socle :

```yaml
# site.yml (extrait)
  roles:
    - { role: base-hardening, tags: [base] }
    - { role: docker-engine,  tags: [docker] }
    - { role: teleport-agent, tags: [teleport] }

```

```bash
# Un seul rôle, sur un seul client.
ansible-playbook site.yml --limit client-alpha --tags teleport

```

## Vérification

```bash
# Sur la VM : le service tourne et la connexion au bastion est établie.
systemctl status teleport --no-pager
journalctl -u teleport -n 20 --no-pager

# Sur le bastion : la machine est enrôlée, avec ses étiquettes.
sudo tctl nodes ls

```

Sur le portail web, la machine apparaît dans la liste des ressources sous le nom `client-alpha`, avec l'étiquette `client=alpha`. Depuis le poste d'un administrateur, la connexion se fait ensuite avec `tsh ssh deploy@client-alpha` après `tsh login`.

## Pièges

1. **Jeton expiré** : si le bastion est injoignable ou si le déploiement traîne, le jeton (30 minutes) expire avant le démarrage de l'agent. Le premier démarrage échoue, et les journaux de l'agent indiquent un jeton refusé. Il suffit de relancer le rôle : le fichier d'identité n'existant pas encore, un nouveau jeton est créé.
2. **Deuxième passage qui « change » quelque chose** : au premier passage, la configuration contient le jeton. Au deuxième, la machine est enrôlée, aucun jeton n'est généré, et le fichier est réécrit sans la section `join_params`. Ce changement unique est normal ; à partir du troisième passage, plus rien ne change.
3. **Agent plus récent que le bastion** : si la version de `teleport_agent_version` dépasse celle du bastion, l'agent est refusé. Mettre à jour le bastion en premier.
4. **Machine absente du portail** : vérifier que la VM atteint `bastion.nebuleuse.example:443` en sortie (pare-feu, DNS). L'agent n'a besoin d'aucun port entrant.
5. **Jeton visible dans un journal** : les tâches qui le manipulent portent `no_log: true`. Ne pas retirer cette ligne pour déboguer, ou le faire de façon temporaire et sur une VM de test.
6. **Chemin du binaire** : le test d'installation utilise la commande `which`, ce qui évite de dépendre de l'emplacement exact du binaire selon la version du paquet.

Page suivante : **Traefik**.

# Traefik

## Traefik, c'est quoi ?

Traefik est un reverse proxy conçu pour Docker. Il reçoit tout le trafic web d'une VM, lit les étiquettes (labels) posées sur les conteneurs, et en déduit seul vers quelle application envoyer chaque requête. Il obtient aussi les certificats HTTPS et les renouvelle automatiquement.

<table id="bkmrk-%C3%89l%C3%A9ment-r%C3%B4le-point-d"><thead><tr><th>Élément</th><th>Rôle</th></tr></thead><tbody><tr><td>Point d'entrée `web` (port 80)</td><td>Reçoit le HTTP et redirige vers HTTPS ; sert au défi de validation Let's Encrypt</td></tr><tr><td>Point d'entrée `websecure` (port 443)</td><td>Reçoit le HTTPS et applique le certificat correspondant au nom demandé</td></tr><tr><td>Fournisseur Docker</td><td>Surveille les conteneurs et crée les routes à partir de leurs labels</td></tr><tr><td>Résolveur de certificats</td><td>Demande et renouvelle les certificats Let's Encrypt</td></tr></tbody></table>

**Visiteur → `cloud.alpha.nebuleuse.example:443` → Traefik → conteneur Nextcloud**

Concrètement, ajouter une application ne demande jamais de modifier Traefik : il suffit que son conteneur soit sur le réseau `proxy` et porte les bons labels. Traefik le détecte à chaud, sans redémarrage.

## Prérequis

1. Le socle est en place : Docker installé, réseau `proxy` créé, ports 80 et 443 ouverts dans le pare-feu.
2. Un enregistrement DNS pointe chaque nom du client vers l'adresse publique de sa VM. Une entrée générique `*.alpha.nebuleuse.example` suffit.
3. Le port 80 est joignable depuis Internet : Let's Encrypt s'en sert pour vérifier que le domaine appartient bien au client.
4. Le domaine est réel. `nebuleuse.example` étant fictif, aucun certificat réel ne peut lui être délivré. Pour reproduire ce TP, remplacer le domaine par un domaine dont on dispose.

<p class="callout info">Note — Pendant les essais, activer le mode « staging » de Let's Encrypt (variable `traefik_acme_staging`). Les certificats délivrés ne sont pas reconnus par les navigateurs, mais le serveur de test n'impose pas les mêmes limites de demandes que le serveur réel, qui bloque un domaine après quelques échecs répétés.</p>

## Arborescence du rôle

```text
roles/traefik/
├── defaults/main.yml
├── handlers/main.yml
├── tasks/main.yml
└── templates/
    ├── docker-compose.yml.j2
    ├── logrotate-traefik.j2
    └── traefik.yml.j2

```

Sur la VM, le rôle crée :

```text
/opt/nebuleuse/traefik/
├── docker-compose.yml
├── traefik.yml          # configuration statique
└── acme/acme.json       # certificats (créé par Traefik, accès réservé à root)
/var/log/traefik/access.log    # journal d'accès, lu par Fail2ban

```

## Variables

```yaml
# roles/traefik/defaults/main.yml

# Version de Traefik. Choisir une version récente : avec les versions récentes de Docker,
# une version trop ancienne de Traefik ne parvient plus à lire l'API Docker.
traefik_version: "v3.6"

# Dossier de travail sur la VM.
traefik_dir: /opt/nebuleuse/traefik

# Dossier du journal d'accès (monté dans le conteneur, lu par Fail2ban).
traefik_log_dir: /var/log/traefik

# Adresse e-mail déclarée auprès de Let's Encrypt (définie dans group_vars/all).
traefik_acme_email: "{{ nebuleuse_acme_email }}"

# true : utilise le serveur de test de Let's Encrypt (certificats non reconnus, sans limites strictes).
traefik_acme_staging: false

# Réseau Docker partagé avec les applications (défini dans group_vars/all).
traefik_network: "{{ docker_proxy_network }}"

# Noms de domaine que les applications doivent joindre à l'intérieur de la VM.
# Voir la section « Joindre le SSO depuis un conteneur ».
traefik_network_aliases:
  - "{{ client_subdomains.sso }}.{{ client_domain }}"

```

## La configuration statique

La configuration statique décrit Traefik lui-même : ses ports, ses sources de configuration, ses certificats. Elle n'est lue qu'au démarrage.

```text
# roles/traefik/templates/traefik.yml.j2
# Fichier géré par Ansible : toute modification manuelle sera écrasée.

global:
  # Pas de vérification de mise à jour ni de télémétrie : la VM n'a pas à contacter ces services.
  checkNewVersion: false
  sendAnonymousUsage: false

log:
  level: INFO

# Journal d'accès : une ligne JSON par requête. Fail2ban le lit pour repérer les attaques.
accessLog:
  filePath: /var/log/traefik/access.log
  format: json

providers:
  docker:
    # Un conteneur n'est publié que s'il porte le label "traefik.enable=true".
    exposedByDefault: false
    # Réseau utilisé pour joindre les conteneurs.
    network: {{ traefik_network }}

entryPoints:
  web:
    address: ":80"
    http:
      # Toute requête HTTP est redirigée vers HTTPS.
      redirections:
        entryPoint:
          to: websecure
          scheme: https
  websecure:
    address: ":443"
    http:
      tls:
        # Tout routeur sur ce point d'entrée reçoit automatiquement un certificat
        # pour le nom de sa règle Host(...).
        certResolver: letsencrypt

certificatesResolvers:
  letsencrypt:
    acme:
      email: {{ traefik_acme_email }}
      # Emplacement des certificats : volume persistant, pour ne pas les redemander à chaque redémarrage.
      storage: /acme/acme.json
{% if traefik_acme_staging %}
      # Serveur de test de Let's Encrypt.
      caServer: https://acme-staging-v02.api.letsencrypt.org/directory
{% endif %}
      # Validation par HTTP : Let's Encrypt vérifie le domaine sur le port 80.
      httpChallenge:
        entryPoint: web

```

<p class="callout info">Note — Cette configuration obtient un certificat par nom de domaine. Pour un certificat unique couvrant tous les sous-domaines (certificat « wildcard »), il faut passer par la validation DNS, qui demande les identifiants de l'API du fournisseur de noms de domaine. C'est plus pratique, mais cela ajoute un secret par client.</p>

## Le fichier Docker Compose

```text
# roles/traefik/templates/docker-compose.yml.j2
# Fichier géré par Ansible : toute modification manuelle sera écrasée.
services:
  traefik:
    image: traefik:{{ traefik_version }}
    container_name: {{ client_name }}_traefik
    restart: unless-stopped
    # Interdit au processus de gagner de nouveaux privilèges.
    security_opt:
      - no-new-privileges:true
    # Seul conteneur de la VM à publier des ports vers Internet.
    ports:
      - "80:80"
      - "443:443"
    volumes:
      # Lecture de la liste des conteneurs. L'accès est en lecture seule, mais il donne
      # tout de même une vue étendue sur Docker : voir « Pour aller plus loin ».
      - /var/run/docker.sock:/var/run/docker.sock:ro
      - {{ traefik_dir }}/traefik.yml:/etc/traefik/traefik.yml:ro
      - {{ traefik_dir }}/acme:/acme
      - {{ traefik_log_dir }}:/var/log/traefik
    networks:
      {{ traefik_network }}:
        # Noms que les autres conteneurs peuvent joindre directement, sans sortir de la VM.
        aliases:
{% for alias in traefik_network_aliases %}
          - {{ alias }}
{% endfor %}

networks:
  {{ traefik_network }}:
    # Réseau créé par le rôle docker-engine : Compose ne doit pas le recréer.
    external: true

```

## Rotation du journal d'accès

Un journal qui grossit sans limite finit par remplir le disque. Docker fait tourner les journaux de ses conteneurs, mais pas les fichiers que Traefik écrit lui-même. Une règle `logrotate` s'en charge.

```text
# roles/traefik/templates/logrotate-traefik.j2
{{ traefik_log_dir }}/access.log {
    # Un fichier par jour, sept jours conservés.
    daily
    rotate 7
    compress
    delaycompress
    missingok
    notifempty
    # Copie puis vide le fichier : Traefik continue d'écrire dans le même fichier ouvert.
    copytruncate
}

```

## Tâches

```yaml
# roles/traefik/tasks/main.yml

- name: Créer les dossiers de Traefik
  ansible.builtin.file:
    path: "{{ item.path }}"
    state: directory
    mode: "{{ item.mode }}"
  loop:
    - { path: "{{ traefik_dir }}",      mode: "0755" }
    # Le dossier des certificats est réservé à root : il contient les clés privées.
    - { path: "{{ traefik_dir }}/acme", mode: "0700" }
    - { path: "{{ traefik_log_dir }}",  mode: "0755" }

- name: Déposer la configuration statique de Traefik
  ansible.builtin.template:
    src: traefik.yml.j2
    dest: "{{ traefik_dir }}/traefik.yml"
    mode: "0644"
  # Un changement de configuration statique demande un redémarrage.
  notify: Redémarrer traefik

- name: Déposer le fichier Docker Compose de Traefik
  ansible.builtin.template:
    src: docker-compose.yml.j2
    dest: "{{ traefik_dir }}/docker-compose.yml"
    mode: "0644"

- name: Déposer la règle de rotation du journal d'accès
  ansible.builtin.template:
    src: logrotate-traefik.j2
    dest: /etc/logrotate.d/traefik
    mode: "0644"

- name: Démarrer Traefik
  community.docker.docker_compose_v2:
    project_src: "{{ traefik_dir }}"
    # "present" crée ou met à jour les conteneurs, sans toucher à ceux déjà conformes.
    state: present

- name: Attendre que Traefik écoute sur le port 443
  # Le module s'exécute sur la VM : "127.0.0.1" désigne donc la VM elle-même.
  ansible.builtin.wait_for:
    host: 127.0.0.1
    port: 443
    timeout: 60

```

```yaml
# roles/traefik/handlers/main.yml
- name: Redémarrer traefik
  community.docker.docker_compose_v2:
    project_src: "{{ traefik_dir }}"
    state: restarted

```

## Comment une application se déclare

Traefik n'a aucune liste d'applications : chaque conteneur se décrit lui-même avec des labels. Toutes les pages d'application suivent ce modèle, ici pour Nextcloud.

```text
# Extrait d'un docker-compose.yml.j2 d'application (exemple : Nextcloud)
    labels:
      # Publier ce conteneur (obligatoire, car exposedByDefault vaut false).
      - "traefik.enable=true"
      # Réseau à utiliser si le conteneur est sur plusieurs réseaux.
      - "traefik.docker.network={{ docker_proxy_network }}"
      # Règle de routage : les requêtes pour ce nom vont vers ce conteneur.
      # Le nom du routeur (nextcloud-alpha) doit être unique sur la VM.
      - "traefik.http.routers.nextcloud-{{ client_name }}.rule=Host(`{{ client_subdomains.nextcloud }}.{{ client_domain }}`)"
      # Point d'entrée HTTPS : le certificat est demandé automatiquement.
      - "traefik.http.routers.nextcloud-{{ client_name }}.entrypoints=websecure"
      # Port d'écoute de l'application À L'INTÉRIEUR du conteneur.
      - "traefik.http.services.nextcloud-{{ client_name }}.loadbalancer.server.port=80"

```

## Joindre le SSO depuis un conteneur

Une application doit parfois contacter le SSO de la VM, par exemple pour échanger un code de connexion contre un jeton. Elle le fait avec son adresse publique, `sso.alpha.nebuleuse.example`. Or ce nom pointe vers l'adresse publique de la VM, et un conteneur qui cherche à la joindre fait un détour par l'extérieur : le chemin fonctionne ou non selon la façon dont l'hébergeur attache l'adresse publique à la machine (adresse portée directement par la VM ou traduite par une passerelle).

Le plus fiable est d'éviter ce détour. Le rôle donne à Traefik un **alias** de réseau : sur le réseau `proxy`, le nom `sso.alpha.nebuleuse.example` est résolu vers le conteneur Traefik lui-même. L'application joint donc Traefik directement, sur le port 443, avec le même nom et le même certificat. Le résultat est le même pour l'utilisateur, sans dépendre de l'adresse publique.

```yaml
# Extrait de docker-compose.yml.j2 (généré par le rôle)
    networks:
      proxy:
        aliases:
          - sso.alpha.nebuleuse.example

```

Seul le nom du SSO a besoin de cet alias, car c'est le seul que les applications appellent entre elles. La variable `traefik_network_aliases` permet d'en ajouter d'autres si une application doit en joindre une autre.

## Vérification

```bash
# Sur la VM : Traefik est démarré et publie les ports 80 et 443.
docker ps --filter name=traefik --format '{{.Names}}\t{{.Status}}\t{{.Ports}}'

# La redirection HTTP vers HTTPS répond "301".
curl -sI http://127.0.0.1 | head -n 1

# Un nom sans application répond "404" : Traefik écoute, mais n'a aucune route pour lui.
curl -skI https://127.0.0.1 | head -n 1

# Journal de démarrage : aucune erreur de certificat attendue.
docker logs --tail 30 alpha_traefik

# Journal d'accès : le champ ClientHost doit contenir l'adresse du visiteur, pas celle de Docker.
sudo tail -n 3 /var/log/traefik/access.log | jq '{ClientHost, RequestHost, DownstreamStatus}'

```

Une fois une application déployée, le certificat apparaît avec :

```bash
# Affiche l'émetteur et les dates de validité du certificat de l'application.
echo | openssl s_client -connect cloud.alpha.nebuleuse.example:443 -servername cloud.alpha.nebuleuse.example 2>/dev/null | openssl x509 -noout -issuer -dates

```

## Pour aller plus loin

- **Protéger l'accès au socket Docker.** Même en lecture seule, le socket expose beaucoup d'informations sur la machine. Un intermédiaire comme `docker-socket-proxy` limite Traefik aux seules requêtes nécessaires.
- **Certificats wildcard** par validation DNS, pour ne pas dépendre de l'accès au port 80.
- **En-têtes de sécurité** (HSTS, `X-Content-Type-Options`) ajoutés par un middleware commun à toutes les applications.

## Pièges

1. **Limites de Let's Encrypt** : des demandes répétées en échec bloquent temporairement un domaine. Tester avec `traefik_acme_staging: true`, puis repasser à `false` en supprimant le contenu du dossier `acme` pour obtenir les vrais certificats.
2. **DNS pas encore propagé** : le défi échoue et le journal indique que le domaine ne pointe pas vers la VM. Vérifier l'enregistrement avant de redémarrer Traefik.
3. **Application inaccessible, erreur 404** : le label `traefik.enable=true` ou la règle `Host(...)` est absente ou erronée. Le routeur n'existe pas, donc Traefik ne sait pas où envoyer la requête.
4. **Application inaccessible, erreur 502 ou 504** : Traefik trouve la route mais n'atteint pas le conteneur. Causes habituelles : mauvais port dans le label `loadbalancer.server.port`, conteneur absent du réseau `proxy`, ou conteneur sur plusieurs réseaux sans label `traefik.docker.network`.
5. **Traefik ne détecte plus aucun conteneur** : avec les versions récentes de Docker, une version trop ancienne de Traefik n'arrive plus à lire l'API Docker. Le journal mentionne une version d'API trop ancienne. Mettre à jour `traefik_version`.
6. **Adresse du visiteur remplacée par celle de la passerelle Docker** : le journal d'accès montre l'adresse interne de Docker au lieu de celle du visiteur, ce qui rend Fail2ban inefficace. Le cas se rencontre surtout avec les connexions IPv6 ou lorsqu'un intermédiaire est placé devant la VM. Le contrôle se fait avec la dernière commande de vérification, depuis une adresse extérieure.
7. **Noms de routeur en double** : deux conteneurs qui déclarent le même nom de routeur se contredisent, et seul l'un des deux fonctionne. Le nom du client dans le nom du routeur évite les collisions entre projets.
8. **Modification de `traefik.yml` sans effet** : la configuration statique n'est lue qu'au démarrage. Le handler redémarre Traefik quand le fichier change ; les labels, eux, sont pris en compte à chaud.

Page suivante : **Authentik (SSO)**.

# Authentik (SSO)

## Authentik, c'est quoi ?

Authentik est un fournisseur d'identité : il détient les comptes des utilisateurs et dit aux applications qui est connecté. Une application qui lui délègue la connexion n'a plus de mots de passe à gérer : l'utilisateur se connecte une fois sur Authentik, puis accède à toutes les applications de la VM. Le protocole utilisé est OpenID Connect (OIDC).

<table id="bkmrk-%C3%89l%C3%A9ment-r%C3%B4le-serveur"><thead><tr><th>Élément</th><th>Rôle</th></tr></thead><tbody><tr><td>Serveur Authentik</td><td>Interface web, API et pages de connexion</td></tr><tr><td>Worker Authentik</td><td>Tâches de fond (envoi d'e-mails, nettoyage, synchronisations)</td></tr><tr><td>PostgreSQL</td><td>Base de données d'Authentik (comptes, configuration)</td></tr><tr><td>Provider OIDC</td><td>Définit comment une application se connecte (identifiant, secret, adresses de retour)</td></tr><tr><td>Application</td><td>Objet Authentik qui rattache un provider à une application et à ses règles d'accès</td></tr></tbody></table>

**Utilisateur → Application → redirection vers Authentik → connexion → retour à l'application avec un jeton**

Concrètement, chaque application commandée par un client a besoin d'un provider et d'une application dans Authentik, créés avec les bons réglages. Faire ces réglages à la main dans l'interface est long et source d'erreurs. Le rôle les fait donc par l'API d'Authentik, avec un jeu de tâches réutilisable que toutes les pages d'application appellent.

## Prérequis

1. Traefik est en place et publie `sso.alpha.nebuleuse.example` (page précédente).
2. Quatre secrets existent dans le Vault du client : `vault_authentik_secret_key`, `vault_authentik_db_password`, `vault_authentik_bootstrap_password` et `vault_authentik_bootstrap_token`. Les deux derniers complètent la liste de la page « Inventaire et variables ».
3. `curl` est installé sur la VM (fait par le socle).

<p class="callout info">Note — Le mot de passe et le jeton d'amorçage ne sont lus qu'au tout premier démarrage d'Authentik : ils créent le compte administrateur `akadmin` et son jeton d'API. Les modifier ensuite dans le Vault ne change rien dans Authentik.</p>

## Arborescence du rôle

```text
roles/authentik/
├── defaults/main.yml
├── tasks/
│   ├── main.yml          # déploiement, attente, découverte des objets communs
│   ├── oidc_app.yml      # création d'un provider et d'une application OIDC (réutilisable)
│   └── first_user.yml    # création du premier compte du client
└── templates/
    └── docker-compose.yml.j2

```

## Variables

```yaml
# roles/authentik/defaults/main.yml

# Version d'Authentik : remplacer par la dernière version stable (voir les notes de version).
# Depuis la version 2025.10, Redis n'est plus nécessaire. Sur une version plus ancienne,
# un conteneur Redis doit être ajouté au fichier Docker Compose.
authentik_version: "2025.10"

# Dossier de travail sur la VM.
authentik_dir: /opt/nebuleuse/authentik

# Nom de domaine d'Authentik et adresse de son API.
authentik_host: "{{ client_subdomains.sso }}.{{ client_domain }}"
authentik_api: "https://{{ authentik_host }}/api/v3"

# Secrets : définis dans le Vault, jamais en clair ici.
authentik_secret_key: "{{ vault_authentik_secret_key }}"
authentik_db_password: "{{ vault_authentik_db_password }}"
authentik_bootstrap_password: "{{ vault_authentik_bootstrap_password }}"
authentik_bootstrap_token: "{{ vault_authentik_bootstrap_token }}"

# Réseau Docker partagé avec Traefik.
authentik_network: "{{ docker_proxy_network }}"

# Flux d'autorisation utilisé par les applications.
# "explicit-consent" : l'utilisateur valide un écran de consentement à la première connexion.
# Il existe aussi une variante "implicit-consent", sans écran de validation.
authentik_authorization_flow_slug: default-provider-authorization-explicit-consent
authentik_invalidation_flow_slug: default-provider-invalidation-flow

# Fichier d'en-tête contenant le jeton d'API (lu par curl, jamais passé en argument).
authentik_api_header_file: /root/.authentik-api-header

# Base de toutes les commandes curl qui appellent l'API.
#   -sS                : silencieux, mais affiche les erreurs
#   -k                 : n'exige pas de certificat reconnu (nécessaire en mode "staging")
#   --fail-with-body   : échoue sur une erreur HTTP, en affichant la réponse du serveur
#   --resolve          : résout le nom d'Authentik vers la VM elle-même, sans passer par le DNS
#   -H @fichier        : lit l'en-tête d'authentification dans un fichier
authentik_curl_base:
  - curl
  - -sS
  - -k
  - --fail-with-body
  - --resolve
  - "{{ authentik_host }}:443:127.0.0.1"
  - -H
  - "@{{ authentik_api_header_file }}"

```

## Le fichier Docker Compose

```text
# roles/authentik/templates/docker-compose.yml.j2
# Fichier géré par Ansible : toute modification manuelle sera écrasée.
# Il contient des secrets : accès réservé à root.

# Variables communes au serveur et au worker (ancre YAML réutilisée plus bas).
x-authentik-env: &authentik_env
  AUTHENTIK_SECRET_KEY: "{{ authentik_secret_key }}"
  AUTHENTIK_POSTGRESQL__HOST: db
  AUTHENTIK_POSTGRESQL__USER: authentik
  AUTHENTIK_POSTGRESQL__NAME: authentik
  AUTHENTIK_POSTGRESQL__PASSWORD: "{{ authentik_db_password }}"
  # Lus uniquement au premier démarrage : créent le compte "akadmin" et son jeton d'API.
  AUTHENTIK_BOOTSTRAP_PASSWORD: "{{ authentik_bootstrap_password }}"
  AUTHENTIK_BOOTSTRAP_TOKEN: "{{ authentik_bootstrap_token }}"
  AUTHENTIK_BOOTSTRAP_EMAIL: "{{ client_admin_email }}"

services:
  server:
    image: ghcr.io/goauthentik/server:{{ authentik_version }}
    container_name: {{ client_name }}_authentik_server
    restart: unless-stopped
    command: server
    environment: *authentik_env
    volumes:
      - {{ authentik_dir }}/media:/media
      - {{ authentik_dir }}/custom-templates:/templates
    depends_on:
      db:
        condition: service_healthy
    networks:
      - {{ authentik_network }}
      - internal
    labels:
      - "traefik.enable=true"
      - "traefik.docker.network={{ authentik_network }}"
      - "traefik.http.routers.authentik-{{ client_name }}.rule=Host(`{{ authentik_host }}`)"
      - "traefik.http.routers.authentik-{{ client_name }}.entrypoints=websecure"
      # Port HTTP interne d'Authentik.
      - "traefik.http.services.authentik-{{ client_name }}.loadbalancer.server.port=9000"

  worker:
    image: ghcr.io/goauthentik/server:{{ authentik_version }}
    container_name: {{ client_name }}_authentik_worker
    restart: unless-stopped
    command: worker
    environment: *authentik_env
    volumes:
      - {{ authentik_dir }}/media:/media
      - {{ authentik_dir }}/custom-templates:/templates
    depends_on:
      db:
        condition: service_healthy
    # Le worker n'a pas besoin d'être joignable : réseau interne uniquement.
    networks:
      - internal

  db:
    image: postgres:16-alpine
    container_name: {{ client_name }}_authentik_db
    restart: unless-stopped
    environment:
      POSTGRES_USER: authentik
      POSTGRES_DB: authentik
      POSTGRES_PASSWORD: "{{ authentik_db_password }}"
    volumes:
      - {{ authentik_dir }}/db-data:/var/lib/postgresql/data
    # Les autres services attendent que la base soit prête avant de démarrer.
    healthcheck:
      test: ["CMD-SHELL", "pg_isready -d authentik -U authentik"]
      interval: 5s
      timeout: 5s
      retries: 10
    # La base n'est jamais exposée sur le réseau partagé avec Traefik.
    networks:
      - internal

networks:
  {{ authentik_network }}:
    external: true
  internal: {}

```

<p class="callout info">Note — Seul le serveur est sur le réseau partagé `proxy`. La base de données et le worker restent sur un réseau privé au projet : aucune autre application de la VM ne peut atteindre la base d'Authentik.</p>

## Déploiement et découverte des objets communs

La première partie du rôle déploie les conteneurs, attend que l'API réponde, puis retrouve les objets d'Authentik dont tous les providers ont besoin : les deux flux, les mappings de scope et la règle d'accès.

```yaml
# roles/authentik/tasks/main.yml

- name: Créer les dossiers d'Authentik
  ansible.builtin.file:
    path: "{{ item }}"
    state: directory
    mode: "0755"
  loop:
    - "{{ authentik_dir }}"
    - "{{ authentik_dir }}/media"
    - "{{ authentik_dir }}/custom-templates"
    - "{{ authentik_dir }}/db-data"

- name: Déposer le fichier Docker Compose d'Authentik
  ansible.builtin.template:
    src: docker-compose.yml.j2
    dest: "{{ authentik_dir }}/docker-compose.yml"
    # Le fichier contient des secrets : root uniquement.
    mode: "0600"
  no_log: true

- name: Démarrer Authentik
  community.docker.docker_compose_v2:
    project_src: "{{ authentik_dir }}"
    state: present

# Le premier démarrage applique les migrations de la base : cela peut durer plusieurs minutes.
- name: Attendre que l'API d'Authentik soit prête
  ansible.builtin.command:
    argv:
      - curl
      - -fsS
      - -k
      - --resolve
      - "{{ authentik_host }}:443:127.0.0.1"
      - "https://{{ authentik_host }}/-/health/live/"
  register: authentik_ready
  until: authentik_ready.rc == 0
  retries: 60
  delay: 5
  changed_when: false

# Le jeton est écrit dans un fichier d'en-tête plutôt que passé en argument à curl :
# il n'apparaît ni dans la liste des processus, ni dans les journaux d'Ansible.
- name: Déposer le fichier d'en-tête d'authentification pour l'API
  ansible.builtin.copy:
    dest: "{{ authentik_api_header_file }}"
    content: "Authorization: Bearer {{ authentik_bootstrap_token }}\n"
    owner: root
    group: root
    mode: "0600"
  no_log: true

# --- Découverte des objets communs à tous les providers ---

- name: Trouver le flux d'autorisation
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/flows/instances/?slug=' ~ authentik_authorization_flow_slug] }}"
  register: authentik_authz_flow_raw
  changed_when: false

- name: Trouver le flux d'invalidation
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/flows/instances/?slug=' ~ authentik_invalidation_flow_slug] }}"
  register: authentik_invalidation_flow_raw
  changed_when: false

- name: Lister les mappings de scope
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/propertymappings/provider/scope/?page_size=200'] }}"
  register: authentik_scope_mappings_raw
  changed_when: false

- name: Retenir les identifiants des objets trouvés
  ansible.builtin.set_fact:
    authentik_authz_flow_pk: "{{ (authentik_authz_flow_raw.stdout | from_json).results[0].pk }}"
    authentik_invalidation_flow_pk: "{{ (authentik_invalidation_flow_raw.stdout | from_json).results[0].pk }}"
    # Les trois mappings standard : sans eux, l'application reçoit un jeton sans identité.
    authentik_scope_mapping_pks: >-
      {{ (authentik_scope_mappings_raw.stdout | from_json).results
         | selectattr('scope_name', 'in', ['openid', 'profile', 'email'])
         | map(attribute='pk') | list }}

# --- Règle d'accès : "toute personne connectée peut utiliser l'application" ---

- name: Chercher la règle d'accès Nébuleuse
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/policies/expression/?name=nebuleuse-allow-all'] }}"
  register: authentik_policy_raw
  changed_when: false

- name: Créer la règle d'accès si elle est absente
  ansible.builtin.command:
    argv: >-
      {{ authentik_curl_base + ['-X', 'POST', '-H', 'Content-Type: application/json',
         '--data-binary', ({'name': 'nebuleuse-allow-all', 'expression': 'return True'} | to_json),
         authentik_api ~ '/policies/expression/'] }}
  register: authentik_policy_created
  when: (authentik_policy_raw.stdout | from_json).results | length == 0

- name: Retenir l'identifiant de la règle d'accès
  ansible.builtin.set_fact:
    authentik_allow_policy_pk: >-
      {{ (authentik_policy_created.stdout | from_json).pk
         if authentik_policy_created is not skipped
         else (authentik_policy_raw.stdout | from_json).results[0].pk }}

```

<p class="callout info">Note — Les commandes `curl` sont lancées avec `argv` (une liste d'arguments) plutôt qu'avec une chaîne : il n'y a ainsi aucun guillemet à échapper dans le JSON. Dans ce déploiement, le module `ansible.builtin.uri` n'a pas été retenu : `curl` s'est montré plus prévisible, notamment avec `--resolve` et les certificats de test.</p>

## Créer une connexion OIDC pour une application

Ce fichier de tâches est le cœur de l'intégration. Il est appelé une fois par application, avec trois paramètres : le nom, l'identifiant court (le « slug ») et les adresses de retour autorisées. Il crée le provider, l'application, lie la règle d'accès, puis retourne l'identifiant client, le secret et l'adresse de l'émetteur.

```yaml
# roles/authentik/tasks/oidc_app.yml
#
# Paramètres attendus :
#   oidc_app_name      : nom affiché dans Authentik (ex. "Nextcloud")
#   oidc_app_slug      : identifiant court, utilisé dans les adresses (ex. "nextcloud")
#   oidc_redirect_uris : liste d'adresses de retour autorisées
#                        [{ matching_mode: strict, url: "https://..." }]
#   oidc_sub_mode      : (facultatif) identifiant d'utilisateur transmis à l'application
#
# Résultats :
#   oidc_client_id, oidc_client_secret, oidc_issuer

# 1. Le provider : décrit comment l'application se connecte.
- name: "{{ oidc_app_name }} : chercher le provider"
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/providers/oauth2/?name=' ~ oidc_app_slug] }}"
  register: oidc_provider_lookup
  changed_when: false
  no_log: true          # la réponse contient le secret client

- name: "{{ oidc_app_name }} : créer le provider s'il est absent"
  ansible.builtin.command:
    argv: >-
      {{ authentik_curl_base + ['-X', 'POST', '-H', 'Content-Type: application/json',
         '--data-binary', (oidc_provider_payload | to_json),
         authentik_api ~ '/providers/oauth2/'] }}
  vars:
    oidc_provider_payload:
      name: "{{ oidc_app_slug }}"
      # Flux d'AUTORISATION : pas le flux d'authentification, sinon l'utilisateur boucle sur la connexion.
      authorization_flow: "{{ authentik_authz_flow_pk }}"
      invalidation_flow: "{{ authentik_invalidation_flow_pk }}"
      # "confidential" : l'application garde un secret côté serveur.
      client_type: confidential
      # Identifiant transmis à l'application pour désigner l'utilisateur (voir la section Pièges).
      sub_mode: "{{ oidc_sub_mode | default('hashed_user_id') }}"
      # Adresses de retour : "strict" exige une correspondance exacte, caractère pour caractère.
      redirect_uris: "{{ oidc_redirect_uris }}"
      # Les mappings openid, profile et email : sans eux, "scopes demandés non configurés".
      property_mappings: "{{ authentik_scope_mapping_pks }}"
  register: oidc_provider_created
  when: (oidc_provider_lookup.stdout | from_json).results | length == 0
  no_log: true

- name: "{{ oidc_app_name }} : retenir le provider"
  ansible.builtin.set_fact:
    oidc_provider: >-
      {{ (oidc_provider_created.stdout | from_json)
         if oidc_provider_created is not skipped
         else (oidc_provider_lookup.stdout | from_json).results[0] }}
  no_log: true

# 2. L'application : rattache le provider à un nom et à des règles d'accès.
- name: "{{ oidc_app_name }} : chercher l'application"
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/core/applications/?slug=' ~ oidc_app_slug] }}"
  register: oidc_app_lookup
  changed_when: false

- name: "{{ oidc_app_name }} : créer l'application si elle est absente"
  ansible.builtin.command:
    argv: >-
      {{ authentik_curl_base + ['-X', 'POST', '-H', 'Content-Type: application/json',
         '--data-binary', (oidc_app_payload | to_json),
         authentik_api ~ '/core/applications/'] }}
  vars:
    oidc_app_payload:
      name: "{{ oidc_app_name }}"
      slug: "{{ oidc_app_slug }}"
      provider: "{{ oidc_provider.pk }}"
      policy_engine_mode: any
  register: oidc_app_created
  when: (oidc_app_lookup.stdout | from_json).results | length == 0

- name: "{{ oidc_app_name }} : retenir l'application"
  ansible.builtin.set_fact:
    oidc_app_pk: >-
      {{ (oidc_app_created.stdout | from_json).pk
         if oidc_app_created is not skipped
         else (oidc_app_lookup.stdout | from_json).results[0].pk }}

# 3. La règle d'accès : sans elle, la connexion se termine par "Accès refusé".
# Elle n'est liée qu'à la création de l'application, pour ne pas multiplier les liens.
- name: "{{ oidc_app_name }} : lier la règle d'accès à l'application"
  ansible.builtin.command:
    argv: >-
      {{ authentik_curl_base + ['-X', 'POST', '-H', 'Content-Type: application/json',
         '--data-binary', (oidc_binding_payload | to_json),
         authentik_api ~ '/policies/bindings/'] }}
  vars:
    oidc_binding_payload:
      target: "{{ oidc_app_pk }}"
      policy: "{{ authentik_allow_policy_pk }}"
      order: 0
  when: oidc_app_created is not skipped

# 4. Les valeurs que l'application doit connaître.
- name: "{{ oidc_app_name }} : retenir les valeurs de connexion"
  ansible.builtin.set_fact:
    oidc_client_id: "{{ oidc_provider.client_id }}"
    oidc_client_secret: "{{ oidc_provider.client_secret }}"
    # Adresse de l'émetteur : l'application y trouve la découverte automatique de la configuration.
    oidc_issuer: "https://{{ authentik_host }}/application/o/{{ oidc_app_slug }}/"
  no_log: true

```

Une page d'application appelle ce fichier de tâches ainsi :

```yaml
# roles/nextcloud/tasks/main.yml (extrait)
- name: Créer la connexion SSO de Nextcloud
  ansible.builtin.include_tasks: ../../authentik/tasks/oidc_app.yml
  vars:
    oidc_app_name: Nextcloud
    oidc_app_slug: nextcloud
    oidc_redirect_uris:
      - matching_mode: strict
        url: "https://{{ client_subdomains.nextcloud }}.{{ client_domain }}/apps/user_oidc/code"

```

Les adresses OIDC dont l'application a besoin sont toutes construites à partir de l'adresse de l'émetteur :

<table id="bkmrk-usage-adresse-d%C3%A9couv"><thead><tr><th>Usage</th><th>Adresse</th></tr></thead><tbody><tr><td>Découverte automatique</td><td>`https://sso.alpha.nebuleuse.example/application/o/<slug>/.well-known/openid-configuration`</td></tr><tr><td>Autorisation</td><td>`https://sso.alpha.nebuleuse.example/application/o/authorize/`</td></tr><tr><td>Jeton</td><td>`https://sso.alpha.nebuleuse.example/application/o/token/`</td></tr><tr><td>Informations sur l'utilisateur</td><td>`https://sso.alpha.nebuleuse.example/application/o/userinfo/`</td></tr><tr><td>Déconnexion</td><td>`https://sso.alpha.nebuleuse.example/application/o/<slug>/end-session/`</td></tr></tbody></table>

## Le premier compte du client

Le compte `akadmin` sert à l'exploitation par Nébuleuse. Le client a besoin de son propre compte, créé à partir de `client_admin_email`. Son mot de passe n'est volontairement pas défini ici : il est choisi par le client, par un lien de réinitialisation envoyé par le support.

```yaml
# roles/authentik/tasks/first_user.yml

- name: Chercher le compte du client
  ansible.builtin.command:
    argv: "{{ authentik_curl_base + [authentik_api ~ '/core/users/?username=' ~ client_admin_email] }}"
  register: authentik_user_lookup
  changed_when: false

- name: Créer le compte du client s'il est absent
  ansible.builtin.command:
    argv: >-
      {{ authentik_curl_base + ['-X', 'POST', '-H', 'Content-Type: application/json',
         '--data-binary', (authentik_user_payload | to_json),
         authentik_api ~ '/core/users/'] }}
  vars:
    authentik_user_payload:
      username: "{{ client_admin_email }}"
      name: "Administrateur {{ client_name }}"
      email: "{{ client_admin_email }}"
      is_active: true
  when: (authentik_user_lookup.stdout | from_json).results | length == 0

```

Dans `main.yml`, ce fichier est inclus à la fin du rôle :

```yaml
# roles/authentik/tasks/main.yml (fin du fichier)
- name: Créer le premier compte du client
  ansible.builtin.include_tasks: first_user.yml

```

## Vérification

```bash
# Sur la VM : les trois conteneurs sont démarrés et la base est « healthy ».
docker ps --filter name=authentik --format '{{.Names}}\t{{.Status}}'

# L'API répond et reconnaît le jeton : doit afficher l'utilisateur "akadmin".
curl -sSk --resolve sso.alpha.nebuleuse.example:443:127.0.0.1 \
  -H @/root/.authentik-api-header \
  https://sso.alpha.nebuleuse.example/api/v3/core/users/me/ | jq '.user.username'

# Une connexion OIDC existe et la découverte automatique répond (exemple : Nextcloud).
curl -sSk --resolve sso.alpha.nebuleuse.example:443:127.0.0.1 \
  https://sso.alpha.nebuleuse.example/application/o/nextcloud/.well-known/openid-configuration | jq '.issuer'

```

Dans l'interface, on se connecte sur `https://sso.alpha.nebuleuse.example/if/admin/` avec `akadmin` et le mot de passe d'amorçage. Les rubriques **Applications** et **Providers** doivent lister chaque application commandée.

## Pièges

1. **Flux d'authentification à la place du flux d'autorisation** : l'utilisateur se reconnecte en boucle au lieu d'être renvoyé vers l'application. Le provider doit utiliser un flux dont le slug commence par `default-provider-authorization-`.
2. **Mappings de scope absents** : l'erreur « Application requested scopes not configured » apparaît. Les trois mappings `openid`, `profile` et `email` doivent être attachés au provider.
3. **« Accès refusé » après une connexion réussie** : dans le déploiement qui sert de base à ce TP, une application sans règle liée refusait l'accès. La règle `return True` est liée à chaque application pour l'autoriser à toute personne connectée.
4. **`sub_mode` inadapté** : c'est l'identifiant de l'utilisateur transmis à l'application. La valeur par défaut `hashed_user_id` convient à la plupart des applications. Une application qui attend un UUID (PaperMerge, par exemple) échoue avec une erreur de format : utiliser `user_uuid`. Les valeurs possibles sont `hashed_user_id`, `user_id`, `user_uuid`, `user_username`, `user_email` et `user_upn`.
5. **Utilisateur introuvable côté application** : certaines applications font correspondre l'utilisateur d'Authentik à un compte qu'elles ont déjà. Le nom d'utilisateur et l'adresse e-mail doivent alors être identiques de part et d'autre, et la connexion doit se faire avec ce compte, pas avec `akadmin`.
6. **Adresse de retour différente** : l'adresse déclarée dans Authentik et celle utilisée par l'application doivent être identiques, y compris pour un `/` final. L'erreur affichée mentionne une URI de redirection invalide.
7. **Compter avec `.count`** : la liste des résultats d'Authentik est dans `.results`, et le nombre d'éléments dans `.pagination.count`. Un `.count` direct provoque l'erreur « 'dict object' has no attribute 'count' ». Le rôle compte avec `.results | length`.
8. **Jeton visible dans la liste des processus ou dans les journaux** : le passer en argument de `curl` l'expose. D'où le fichier d'en-tête en mode `0600` et les `no_log: true`.
9. **Modifier un provider existant** : le rôle ne met pas à jour un provider déjà créé. Si les adresses de retour changent, il faut les modifier dans l'interface, ou supprimer le provider pour qu'il soit recréé.
10. **Premier démarrage long** : les migrations de la base peuvent prendre plusieurs minutes. Le rôle attend jusqu'à cinq minutes avant d'abandonner.
11. **Version de Redis** : sur une version d'Authentik antérieure à 2025.10, le serveur et le worker exigent un conteneur Redis, absent du fichier Compose de cette page.

## Pour aller plus loin

- **Remplacer le jeton d'amorçage** par un compte de service dédié, aux droits limités à la gestion des providers, puis supprimer le jeton d'amorçage une fois le déploiement terminé.
- **Configurer l'envoi d'e-mails** (SMTP) pour que les liens de réinitialisation et les notifications partent directement d'Authentik.
- **Déclarer la configuration par « blueprints »** : Authentik sait charger des fichiers de description, une alternative à l'API qui offre une vraie mise à jour déclarative.

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